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presse

Communiqués :

bublex (4 juin 2015)

Le Pavillon des points de vue

Une œuvre éphémère pour accompagner le projet


Defacto a confié à l’artiste Alain Bublex la conception d’une œuvre éphémère, qui accompagnera plusieurs chantiers de restauration et de mise en valeur.

Ce pavillon modulable informera sur l’œuvre, la collection, et les travaux menés. Il offrira au public le regard d’Alain Bublex, pour admirer l’œuvre en restauration. Deux points de vue seront proposés : l’un en baie vitrée donnant sur l’œuvre en restauration et qui présentera une vision cadrée, l’autre en terrasse sur le toit du pavillon, d’où l’on pourra voir l’intégration de l’œuvre dans son environnement. La restauration terminée, le pavillon sera démonté et déplacé, puis adapté au chantier suivant. Chaque version du pavillon sera donc une expérience unique et éphémère.

L'œuvre chantier d'Alain Bublex


Comment donner forme à un point de vue ? Ou, dit autrement, comment faire d’un morceau d’espace un paysage ? Il n’y a que deux réponses possibles à cette question : ou bien on le représente (par le dessin, l’aquarelle, la photographie, etc.), ou bien on matérialise le point d’où on pourrait le représenter. N’est-ce pas la fonction des belvédères – de l’italien belvedere, « bellevue » – que donner une forme architecturée à ce point d’où l’espace se déploie en paysage, que de placer le spectateur aux bonnes hauteur et distance, celles qui lui permettront d’embrasser suffisamment de lieux pour éprouver les rapports d’échelle tout en préservant l’unité générale du champ de sa vision (que la présence d’une table d’orientation vient opportunément renforcer) ? Sans eux, il n’y aurait littéralement rien à voir : ils ne sont pas seulement l’occasion du regard, ils en sont la condition. L’on peut bien sûr varier le point de vue, mettre au jour l’artificialité – et l’historicité – de ce dispositif qui transforme n’importe quel espace en paysage, souligner quel type de relation à l’environnement naturel il suppose, etc. ; encore faut-il qu’il y ait eu l’expérience d’un premier regard.

C’est précisément cette expérience que le pavillon mobile d’Alain Bublex à la fois met en scène et rend possible. Mobile parce qu’il passe d’un site à l’autre, choisissant à chaque fois son point de vue, celui qui fera tableau ou paysage de ce qu’il y a à montrer : le chantier de restauration de La Défense de Paris de Louis-Ernest Barrias à deux pas de l’ancien rond-point de Courbevoie, celui du Pouce de César sur le parvis du CNIT, celui, double, des sculptures de Bernard Venet et de Raymond Moretti sur l’esplanade sud du quartier Michelet, celui enfin du Point growth de Lim Dong-Lak au pied de la tour Opus 12. Cinq œuvres qui seront en cours de restauration et par conséquent déplacées, déposées, bâchées, rehaussées, etc. : d’autant plus intéressantes qu’elles seront plus difficiles à observer. Le pavillon d’Alain Bublex n’est pas un belvédère même s’il joue aussi ce rôle (son toit, aménagé en terrasse, sera accessible par un escalier extérieur) : il est un intérieur à partir duquel un extérieur s’offre au regard. Composé de deux espaces – un vestibule où une installation introduira le visiteur au site qu’il est venu observer et une pièce légèrement surélevée (il devra monter une marche et se baisser pour éviter la cloison qui découpe symboliquement les lieux) d’où, à travers une baie vitrée occupant tout un pan de mur, le paysage se déploiera sous ses yeux – ce pavillon est comme une grande chambre noire. Un instrument à voir. Un instrument à produire des regards : pour faire d’un chantier à La Défense une composition visuelle, il suffit, nous dit Alain Bublex, d’un point de vue et d’un cadre.

Dans sa Camera Obscura, à peine séparé du bruit ambiant et des flux urbains, le visiteur observe le socle vide de La Défense de Paris. Il n’y a rien à voir, mais la vue est imprenable. Il apprendra que cette sculpture fut l’œuvre d’un artiste allégorique peu familier des scènes de guerre, qu’il remporta, contre Rodin et beaucoup d’autres, le concours que les républicains victorieux de Mac Mahon lancèrent en 1883 – pour un monument qui devait célébrer la mémoire des Parisiens qui, en 1870, défendirent leur ville contre l’armée prussienne. Il apprendra aussi que c’est le même Mac Mahon qui, à la tête des Versaillais, mettra fin dans un bain de sang à l’expérience de la Commune. Il comprendra alors que la sculpture de Barrias était bien sûr un monument à la mémoire des trente mille Communards que Mac Mahon passa par les armes et que ce qu’il regarde depuis la pièce de son pavillon c’est le grand vide qu’ils laissèrent dans Paris – et que viennent signifier les trente mille touches de blanc d’Espagne qui composent le fond de l’installation qu’Alain Bublex consacre au premier site de son parcours. Peut-être ignorera-t-il tout cela, peut-être remplira-t-il ce vide de tout autres images, il n’en aura pas moins fait l’expérience d’un premier regard.
Texte de Bastien Gallet

Objectifs
 

Donner au public un temps suspendu, un moment de détente et d’inspiration, en rupture avec l’atmosphère trépidante du site.


Disposer d’un aménagement très simple mais intime. Seront présentés quelques éléments relatifs à la séquence du chantier traitée (sur la base d’éléments d’archives ou d’une réinterprétation de l’œuvre) dans une optique moins didactique que poétique.

 

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